Home > Actualités > Communiqué de presse: Bio en danger: le double jeu des opérateurs ...
Partager :
AGRICULTURE BIOLOGIQUE
29.01.2026

Communiqué de presse: Bio en danger: le double jeu des opérateurs en grandes cultures ne peut plus durer !

29.01.2026 -
Un communiqué commun aux confédérations paysannes de Chanrete-Maritime, Deux-Sèvres et Vendée pour demander mieux au groupe Léa Nature.

Bio en danger : Le double jeu des opérateurs en grandes cultures ne peut plus durer !

Les représentants des Confédérations Paysannes de Charente-Maritime, des Deux-Sèvres et de Vendée tirent la sonnette d'alarme après une rencontre avec l'entreprise Léa Nature, deuxième opérateur bio en France (notamment via sa marque Jardin BIO étic), suite à la découverte inadmissible de graines de courges chinoises et de tournesol roumain. Le constat est sans appel. D'énormes quantités de lentilles, de pois chiche, de mélange de miel, de haricots, de tournesol et autres céréales bio sont importées hors Union Européenne. Les agriculteurs et agricultrices dénoncent une politique d'achat qui détruit nos filières locales et fragilise encore la viabilité des fermes paysannes y compris dans les DOM-TOM. Nous savons produire sur place ! OUI nous avons été reçus, mais NON nous n'avons pas été entendus ! Nous souhaitons aujourd'hui rendre publiques nos alertes et nos revendications.

Des filières locales fragilisées

Les achats locaux de ces opérateurs importants baissent constamment au profit d'achats étrangers. La collecte en direction des GMS a parfois fondu de plus de 50% alors même que la consommation ne faiblit plus. Cette chute drastique est d'autant plus incompréhensible que :

  • La PAC* incite fortement à cultiver des légumineuses et les rotations longues sont intrinsèques au système bio
  • Ces cultures sont vertueuses et essentielles à la fertilité des sols ainsi qu'à la biodiversité
  • Elles sont vitales pour la rentabilité des fermes, dans un contexte de baisse des prix des céréales

Importer des légumineuses alors que nous savons les produire ici revient à déstabiliser davantage des filières locales, patiemment construites avec les agriculteurs et les coopératives de proximité. Le choix de Léa Nature est décisif au vu des quantités. L'entreprise doit s'engager : soutenir la structuration des filières locales ou participer à leur destruction.

Une politique d'achats que nous contestons

Nous ne sommes pas en accord avec la politique d'achats actuelle de Léa Nature et consorts, notamment :

  • la création d'une gamme “premier prix” intégrant des matières premières issues de pays hors Union Européenne
  • l'utilisation de produits bénéficiant d'une “équivalence” au label Bio européen, alors même que les normes de production peuvent être différentes de celles imposées à nos paysans

Nous craignons par ailleurs que les futurs accords de libre-échange, et en particulier l'accord avec le Mercosur*, accentuent encore cette concurrence déloyale et précipitent la disparition de filières locales, notamment celle des légumineuses.

Respecter le temps agricole

Nous dénonçons également les retards de signature de contrats avec les coopératives, alors que ceux-ci sont habituellement conclus en septembre-octobre, afin de permettre aux fermes d'anticiper leurs assolements d'hiver et de printemps. Les semences doivent arriver en ferme dès janvier ! Sans engagement de Léa Nature et des opérateurs importants, c'est tout l'assolement des fermes qui est mis en péril. Le temps agricole n'est pas une variable d'ajustement : il doit être pleinement intégré dans l'organisation des entreprises de transformation.

Nos revendications sont claires : une Bio de terroir, éthique et payée au prix juste.

Nous demandons :

  • un approvisionnement 100 % bio et 100 % français.
  • une transformation et un emballage français pour tous les produits que nous savons faire ici.
  • l'arrêt immédiat des gammes premier prix composées de produits aux normes et à l'origine douteuse.
  • un étiquetage transparent et honnête avec l'affichage systématique et lisible du pays d'origine de toutes les matières premières.
  • la fin des régimes d'équivalence bio hors UE* lorsque le produit est disponible chez nous

Nous attendons de Léa Nature des actes forts et concrets pour :

  • la signature rapide de contrats ambitieux et pluriannuels avec les coopératives locales
  • reprendre un dialogue sincère avec les acteurs locaux,
  • garantir une cohérence entre les discours affichés, le marketing et les pratiques réelles d'approvisionnement,
  • reconstruire des filières solides, de l'amont à l'aval, des paysan·nes aux distributeurs, en passant par les transformateurs.

Il est temps que les choix industriels et commerciaux soient enfin à la hauteur des engagements affichés pour une agriculture biologique paysanne et territoriale.

Les idées existent, les solutions et les paysannes et paysans sont là. Nous n'accepterons pas de rester simples spectateurs de la disparition de nos fermes et de nos filières de qualité.

Contacts presse:

Charente-Maritime: Noël Michot - 06 82 93 44 05

Deux-Sèvres: Pierre Guérin - 06 70 22 88 39

Vendée: Yann Pajot - 06 01 78 20 74

NOUS CONTACTER Confédération paysanne des Deux-Sèvres
12 bis rue Saint-Pierre - 79500 Melle - 07 82 30 79 59